Le temps de l'instinct alimentaire

 

Tout petit, je ne me suis jamais senti satisfait des réponses que mes tendres oreilles entendaient quand je demandais "mais d'où vient-on ?".

 

 

En partant de la question de l'adaptation ou de l'inadaptation génétique à la nourriture que l'on mange chaque jour, l'alimentation naturelle m'a amené un autre éclairage.

 

Si l'homme moderne est une création, celle-ci fait suite à toute une série d'autres créations qui l'ont précédé et toutes les créations sont en elles-mêmes parfaites. Si l'on admet la théorie de l'évolution des espèces vivantes celle-ci conduit à perfectionner chaque espèce et à la rendre parfaitement fonctionnelle dans son biotope. Le classement des espèces vivantes par les taxinomistes en familles, genres et espèces suggère que notre espèce appartient à la grande famille des primates.

 

Remontons un peu dans le temps pour observer cette filiation. Avant Sapiens sapiens, on a eu entre autres Néanderthal, Erectus, Ergaster, Habilis et Australipithécus. Ce dernier remonte à 4 millions d'années et correspond à la découverte de la fameuse Lucy par Yves Coppens que l'on croyait le plus ancien des humanoïdes. Puis son collègue paléoanthropologue Michel Brunet a découvert Toumaï au Tchad, daté lui de 7 millions d'années, qui est considéré désormais comme l'humanoïde le plus ancien qui ait été découvert à ce jour.

 

Cette lignée humaine fait partie des primates dont les premiers membres sont les grands singes tels l'orang-outang, le gorille, le chimpanzé, le bonobo. L'origine commune à tous est encore l'objet de recherches et de controverse. Si l'on admet que cette origine se situe il y a 35 millions d'années (certains la situent à près de 60 millions d'années), notre génétique en découle après avoir traversé tous ces âges que le cerveau humain peine à se représenter.

 

Un des savoir-faire génétique parmi les plus utiles est tout ce qui concerne le dispositif pour s'alimenter. Celui-ci s'est façonné dans le contact que nos ancêtres avaient avec leur environnement soit une nature pas encore perturbée par l'intelligence humaine. L'instinct alimentaire du règne animal poursuivait son raffinement dans la grande famille naissante des primates. Ainsi l'odorat et le goût qui sont les deux piliers de l'instinct alimentaire se confortaient dans le contact aux plantes et aux animaux présents à l'état brut dans le biotope.

 

Mais alors, qu'est-ce qui a pu changer la donne ?

 

Une triple révolution est apparue dans l'histoire humaine. Elle a eu lieu il y a 10.000 ans lorsqu'on atteint l'"âge de la pierre polie" ainsi dénommé : c'est le néolithique. Jusque là nomade itinérant, l'Homme commence à maîtriser l'habitat en dur ; il se sédentarise ; il domestique l'animal et invente l'agriculture.

 

C'est ainsi que son statut de chasseur-cueilleur va se transformer peu à peu en agriculteur-éleveur.

 

Par ailleurs, la maîtrise du feu c'est-à-dire la possibilité de le produire date de 400.000 ans encore que certains avancent une ancienneté du double. Si l'homme utilisait le feu c'était, comme les livres d'histoire le disent, pour repousser les bêtes sauvages et se chauffer. Sans doute l'a-t-il aussi utiliser pour ses premiers essais de cuisine ?

 

La maîtrise de la reproduction du feu a sans doute permis des cuissons alimentaires plus fréquentes limitées cependant par le nomadisme rendant difficile la permanence d'un feu. Avec la sédentarisation, il fait son entrée quotidienne au côté de la triple révolution du néolithique il y a 10.000 ans : on peut considérer cette date comme celle de la naissance de l'art gastronomique.

 

Laissons ces spéculations aux spécialistes, ce n'est pas le centre de notre propos.

Si l'on considère une date hypothétique de maîtrise du feu à 60.000 ans plus reculée encore que le néolithique, en rapport avec les 35 millions d'années des primates, on peut considérer le temps de notre lignée en deux parties :

- de 35 millions à 60.000 ans, nos ancêtres primates ont trouvé leur nourriture en la prélevant dans la nature comme le font tous les animaux sauvages dans leur biotope ;

- depuis 60.000 ans, l'homme prépare quotidiennement sa nourriture en la transformant et en la cuisant.

 

Ramené sur une échelle d'une journée de 24 heures, notre lignée aurait manger nature de 0 heure jusqu'à 23h57. Elle n'aurait mangé préparé comme elle le fait aujourd'hui que depuis 2 minutes et demi.

 

La question fondamentale de l'alimentation naturelle, à savoir "quelle est l'alimentation pour laquelle l'homme est adapté génétiquement" se précise alors de façon intéressante.

 

Est-il adapté à la nourriture qu'il mange depuis 2 minutes et demi ou plutôt à celle qu'il a mangé  toute la journée jusqu'à 23h57 ?

 

L'alimentation naturelle propose de répondre par l'expérience en préférant la deuxième proposition.

 

Cela n'épuise pas la question à laquelle les puristes pourront toujours chercher de répondre...

 

Éclairons déjà la représentation temporelle de notre approche sur une journée de 24 heures :

Nombre de minutes dans une journée : 24 x 60 = 1440 minutes

Deux approches :

A : on considère la lignée des primates apparue il y a 35 millions d'années et une date de l'art gastronomique à 60.000 ans.

B : lignée des primates humanoïdes de 7 millions d'années depuis Toumaï et date de généralisation de l'art culinaire au néolithique à 10.000 ans.

 

Représentation temporelle de l'art gastronomique sur une pleine journée de 24 heures :

Approche A : 60000 x (1440/35000000) = 2,46 minutes soit environ 2'28" minutes.

Approche B : 10000 x (1440/7000000) = 2,06 minutes soit environ 2'04" minutes.

Comme les bornes retenues sont des ordres de grandeur, on peut retenir 2'30".

 

On pourra toujours ergoter, dire qu'on mange cuit depuis 400 mille ans et non 60 ou 10 mille ans ou encore dire que les primates sont apparus à une autre date que celle retenue ou encore que de nouvelles découvertes trouvent un humanoïde plus ancien que Toumaï, cela ne changera pas notre raisonnement.

Les 2 minutes trente obtenues passeront à 15, 30 ou 1 minute. La conclusion sera la même : notre lignée génétique a davantage vécue en lien étroit avec notre biotope sans jamais préparer sa nourriture comme le font tous les animaux sauvages.  

 

Dès lors, l'art gastronomique caractéristique de ce qu'est devenue notre humanité restera pour toujours une exception de l'histoire, certes une exception grave car elle menace sa survie et celle d'autres espèces comme tout comme le climat de la planète, mais une exception tout de même.

 

Est-on réellement plus adapté à l'alimentation que notre lignée a pratiqué jusqu'à 23h57 ? Nous vous invitons à "Décoller Mangeons Nature" : un pack théorique et pratique  pour retrouver la pêche, la patate "crue", bref votre vitalité et votre joie de vivre !